Manger le Ramadan n’est pas un crime

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Il quitte la mosquée du quartier dans sa longue Djellaba, typiquement le genre d’homme pieux, le cœur serein réjoui de son accomplissement religieux, ravie d’avoir rencontré le dieu, fier de sa vertu et sa spiritualité.
Une jeune fille de l’autre côté de la rue,  ne sait pas à quel saint se vouer, une démarche en spirale sur une ruelle truffée et semée d’embûches, des chuchotements, des harcèlements et des mots balancés à droite et à gauche à chaque recoin de la rue. Un qui lui chuchote son envie de se marier et de pouvoir verrouiller sa dernière pilier de sa religion, un autre qui veut coute que coute une femme qui va pouvoir le réveiller à l’aube pour faire sa prière d’El Fajr, faute de carence de réveil Meskin, un troisième debout comme un flamant rose, ratant pas l’occasion de balancer quelque psst psst avec un rot au milieu.

Le monsieur en tenu orientale regardant la scène par-dessus ses épaules, les bras ballants tenant entre les doigts son chapelet, de peur de rater une perle, sa démarche vertigineuse pour rejoindre ses siens, insoucieux et dédaigneux de la scène sous ses propres yeux.

Parquée sur le côté, la tête calée mes lunettes rabattus sur le bout de mon nez, je contemple, la stupidité de notre société dans toute sa profondeur, et je vois dans les yeux de tous ces pigeons revenant de la mosquée le cœur léger tous indifférents à la maltraitance et le désarroi de la jeune fille.

Et je me rends compte à l’instant que de nos jours, dans cette société de bras cassée, un sandwich ou chewing-gum mangé en plein jour de ramadan peut faire bouger les esprits et chambouler les croyances en sa profondeur chose que le harcèlement et la pauvreté n’a pas réussi à le faire dans les esprits des croyants.

Alors ça nous avance à quoi, de casser les dents à une personne  mangeant un déjeuner en plein ramadan alors que nous taisons sur la maltraitance et le harcèlement dans les rues.

Arrêtez de Pianoter sur la table, et verrons les choses clairement, si nous acceptons la loi 222 aujourd’hui  nous devons se préparer dans le futur d’incriminer aussi ceux qui ont les moyens et qui font pas d’aumônes, où qui font pas de pèlerinage.

Rappelez-vous que « Nulle contrainte dans la religion » et que nos comportements sont à mille lieux de ce que dit la religion.

Ramadan Karim.

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